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Biographie La Gombe

Depuis la vente de la collection Gérard Gombert dit La Gombe, mon copain un peu fou et décalé dans le monde des sports mécaniques est revenu sur le devant de la scène. Un départ digne de ses « déconnades » lors de soirées bien arrosées !

Je ne me suis pas rendu à la vente aux enchères car c’était trop difficile pour moi. Le décès était trop récent puis j’avais peur de me sentir mal à l’aise au milieu de personnes qui auraient forcément parlé de l’homme mais sans, peut-être, l’avoir vraiment connu tel que moi je l’ai connu. J’avais également peur qu’il y ait un coté festif bien loin de mon deuil. Puis je me suis rendu sur place le lendemain de la vente. Stéphane Pavot de la maison Osenat avait réussi à me convaincre . Je m’étais juré de ne pas publier cette vidéo du terrain de La Gombe avant son décès afin qu’il ne soit pas importuné. Et Stéphane a été touché de pouvoir découvrir cet homme à l’image devant ma caméra alors qu’il le découvrait à travers sa collection.

Plus tard, j’ai reçu de nombreux témoignages de personnes qui auraient tellement aimé connaître l’homme derrière la collection. L’aspect humain reprenait le dessus sur les aspects matérialiste et spéculatif. Ainsi est né le projet de réaliser une biographie de Gérard Gombert. Je suis en contact avec tous les héritiers de Gérard et je connaissais déjà des connaissances à lui que j’avais eu l’occasion de croiser à l’Hacienda (sa villa-garage).

Je me suis lié d’amitié avec le cousin de Gérard. Bien qu’ils ne se soient plus vu depuis 10ans, Ils ont passé leurs jeunes années ensemble et cet homme aussi moderne et fun que son cousin, accompagné de sa sœur, une dame très agréable elle aussi, vont m’apporter une aide précieuse pour recomposer les jeunes années de Gérard (5ème en partant de la gauche sur la photo). Je suis monté en région pariienne pour les rencontrer samedi 3 février. Nous avons passé une soirée très agréable. Je ferai un meilleur travail d'écriture dans la biographie pour vous faire partager les émotions concernant Gérard, notamment sur ses plus jeunes années, en pleine guerre. Il est né en 1939.

(Gérard: 5ème sur la photo en partant de la gauche)

Bien-sûr, je n’oublierai pas l’aspect technique qu’apprécie tout passionné automobile et je parlerai de son savoir-faire dans la pratique du polyester ainsi que de ses préparations moteur.


Lors de cette fameuse journée « Lendemain de vente », j’ai également récupéré la camionnette de La Gombe, un utilitaire qui me faisait rêver comme on peut le deviner avec le zoom de ma vidéo faite presque 15 ans avant. 

Vidéo YouTube


Elle était dans le lot 304 avec l’Alpine A210. En trop mauvais état pour être vendue, elle avait malgré cela un intérêt historique indéniable comme en témoigne cette photo.

Son nouveau propriétaire m’en a généreusement fait cadeau afin que je lui redonne vie.


Devant l’Hacienda, l’Alouette chargée sur mon camion et devant, Benoît Boulanger, le fidèle compagnon du « vieux » comme il l’appelait affectueusement.


Gérard était quelqu'un de très généreux dans son accueil. Pour peu que vous soyiez "cool", il vous ouvrait son coeur, son musée à ciel ouvert voire plus. L'ami à droite sur la photo (plié en deux lors d'une franche rigolade suite à un des fameux sketchs de La Gombe) s'était vu offrir une auto sur le terrain car il avait dit qu'il la trouvait jolie. Il l'avait finalement refusée car il n'aurait pas su quoi faire de ce cadeau. Des rapports simples et désintéressés.

Quelques photos que Gérard présentait régulièrement aux personnes qu’il recevait et que j’avais photographiées (avec son autorisation) pendant la séance.



La fameuse Martini visible devant les Alpine. Je n’avais qu’une adresse postale pour prendre contact avec l'ancien propriétaire. Malheureusement, cette personne est décédée. Je donnerai des infos grâce à des amis communs dans la biographie car leur amitié était très importante pour Gérard.




Il aimait particulièrement cette photo qu'il me montrait où il était en combinaison de pilote sur sa Norton Manx. Cette photo est celle qu'on voit sur l'image au dessus sur la page où il tient deux photos.



Pour moi, la photo suivante est une très belle représentation symbolique de La Gombe: les potes, les animaux et les machines: La Liberté. En haut à droite sur la photo. Eugène, le père de Gérard.

Sur cette page vous allez aussi pouvoir suivre la restauration de l'estafette de Gérard Gombert alias La Gombe. Il a acquis cette camionnette à l'âge de 23 ans et a tout de suite peint ce fameux lettrage publicitaire. Juste après guerre, son papa, Eugène, était descendu de la région parisienne sur la côte d'azur avec sa famille pour vendre des pains de glace quand Gérard était enfant. Détail frappant quand on regarde toute la vie de La Gombe sur la durée : à 23 ans, ce dernier avait donc déjà l'ambition de devenir une référence dans les automobiles à carrosserie composite comme on le voit en parcourant le texte sur les panneaux latéraux de l'estafette


Avant de transférer son activité sur Fayence, à l'Hacienda, il exerçait chez son père, chemin des autrichiens. La maison n'existe plus aujourd'hui. L' endroit était exiguë. Il fallait faire de la place là où il n'y en avait pas et c'était le tetris permanent entre les autos des clients . L'estafette, garée devant, était un très bon support publicitaire. 

Pilote moto avant tout, Gérard se rendait sur les circuits avec l'estafette et sa moto sanglee à l'intérieur. La camionnette était aménagée de façon spartiate afin que Gérard puisse dormir dedans sur place.


J'ai volontairement masqué le visage de la femme sur la photo car je n'ai pas encore réussi à la contacter et je n'ai donc pas son autorisation. Elle a joué un rôle essentiel dans la vie de Gérard et sans elle, conter sa vie n'aurait pas le même relief.
 

Toujours en place comme si le temps n'avait pas de prise sur la fonctionnalité de l'estafette et que son destin de véhicule d'assistance était scellé,  on remarque un phare d'éclairage sur l'arrière afin de pouvoir intervenir sur la mécanique de la moto de course à toute heure avec un certain confort.




Gérard sillonne la France entière au volant de l'estafette. Nous verrons d'ailleurs plus bas qu'elle a reçu quelques modifications dans ses entrailles mécaniques pour ne pas avoir à rougir des bêtes de course qu'elle transportait. 

Comme me l'a dit son ami Lucien garcin avec qui il a fait le Bol d'Or en 70: "Gérard n'était pas du genre à se traîner sur la route, l'estafette n'était pas vraiment d'origine."

Nomade de circuit et de tous les événements qui se rapprochaient de la compétition, il n'avait donc pas hésité à ajouter quelques éléments de confort comme ce ventilateur, aujourd'hui transformé par le temps en clim avec ailettes en mousse.

 ou un bon poste autoradio:


 Vous avez peut-être remarqué la taille de l'antenne sur une photo précédente?

Après de multiples sondage sur les réseaux sociaux et les forums, j'ai pris la décision de stopper les affres du temps et d'intervenir là où c'était nécessaire mais je conserve le véhicule dans son état historique. Ce véhicule m'appartient aujourd'hui et je suis libre d'en faire ce que je veux, me direz-vous ? C'est vrai. Mais ce véhicule  appartient aussi au patrimoine français des sports mécaniques et on ne fait pas n'importe quoi avec le sacré.  Il sera toujours temps de le restaurer comme neuf un jour. Tandis que cette patine si particulière et que tant de passionnés connaissent pour avoir rencontré Gérard à l'Hacienda ne pourra plus être restaurée sans trahir son "grain" , témoin d'une vie dédiée à la mécanique sportive.

Le chantier est immense.


L'estafette est restée très longtemps stockée avec l'arrière dans les hautes herbes, ce qui explique cette corrosion. Toute la partie arrière est à refaire.
On y voit plus clair après un bon nettoyage.


Revenons alors sur l'avant du véhicule. Comme je vous avais dit, le temps s'est arrêté. C'est un peu cette impression qui vous submergeait quand vous entriez dans le sanctuaire du haut-var. Le côté libertaire du propriétaire venait renforcer cette émotion liant nostalgie et mélancolie. Il y avait un truc inaccessible vers lequel vous étiez attiré comme un stupide papillon sous un spot halogène, le soir à l'apéro à la fameuse table.
Ici, on note un emplacement pour un compte-tours. En fouillant l'espace de rangement, on déniche une boite d'allumettes des années 60. La boîte est en bois. Le thème est la conquête de l'Espace. Encore un vestige d'une époque révolue. Ceux qui ne me suivent pas, je vous invite à regarder un épisode de la série "Cosmos 99" .


Sous le tableau de bord, une vignette attire mon attention:


Peut-être que les passionnés de voitures japonaises auront remarqué l'ancien sigle Toyota, abandonné par la suite car il manquait de lisibilité. Pour l'anecdote, le nouveau logo a été dessiné par le père d'un copain japonais (qui adore ma civic et l'a connue d'origine). Il m'a expliqué sa génèse et sa signification: le taureau contient toutes les lettres du nom Toyota.
Revenons à notre garage mystérieux. Bien évidemment, il est inutile de tenter de téléphoner... D'ailleurs, je vois dans le botin que le garage n'existe plus. Voyons sur internet en tapant Garcin, Le Vesinet, Toyota. Tiens? Je n'y avais même pas pensé, honte à moi. Jean-Pierre Garcin est un bon pilote qui a sévi sur les circuits français il y a quelques années et il est très connu en tant que co-pilote/navigateur de Rallye Raid. Il a entre autres gagné le China Gran Rally au général et le Paris Dakar dans la catégorie véhicules d'origine avec son co-équipier et pilote Christian Lavieille au volant d'un Toyota en 2017 .
Je vous invite à lire cet interview ou cette vidéo si vous désirez mieux connaitre l'homme et sa carrière. Je décide donc de le contacter pour lui exposer le projet biographique de mon copain La Gombe. Bien que la génération ne correspond pas entre l'estafette, la vignette et Jean-Pierre Garcin, j'obtiendrai peut-être des infos.  Il m'apprend alors que c'est son oncle Lucien qui était un ami de Gérard et il me donne son téléphone. Un sacré gain de temps dans ma recherche! Après un premier entretien téléphonique déjà passionnant, je monte en région parisienne pour le rencontrer. Je fais la connaissance d'un homme très élégant, posé, humble et généreux. Je vous explique: je pense qu'on peut considérer Lucien Garcin comme le premier préparateur Toyota en France. Et les fans d'Initial D et de la petite Corolla AE86 vont être ravis s'ils ne connaissaient pas cet homme: Il a été champion de France des circuits sur Toyota Corolla et Celica.




J'ai vraiment fait une rencontre inattendue et exceptionnelle. Lucien est arrivé à un moment charnière car je rencontrai beaucoup d'inertie dans mon projet (relancer les gens plusieurs fois, se faire poser des lapins en descendant du train pour aller à un rendez-vous ou en poireautant plusieurs heures en attendant d'avoir des nouvelles du contact, etc...) voire des blocages décourageants surtout concernant la dernière partie de la vie de Gérard.  Des personnes que fréquentait Gérard et qui veulent absolument faire savoir que, eux seuls, connaissent le vrai "La Gombe" mais qu'ils ne sont pas prêts à partager, par exemple... La plupart des gens ne réalisent pas l'investissement personnel et la quantité de travail que demandent l'écriture d'une biographie. Le témoignage de Lucien était passionnant, simple, libre et le reflet d'une époque. Depuis je rencontre des acteurs du monde de la compétition, chacun avec ses anecdotes ou ses faits d'armes et je serai bien obligé d'en parler avec détails si je veux que le lecteur puisse revivre ce monde que La Gombe a traversé avec panache.

Gérard Gombert a donc fini 10ème au général au Bol d'Or 1970 avec son co-équipier Lucien Garcin. Ils auraient pu espérer la quatrième place mais un étrier de frein se bloquait de manière vicieuse et leur a fait perdre beaucoup de temps.
Les visages des personnes dont je n'ai pas les coordonnées sont toujours masqués dans un premier temps. Je les invite à me contacter.

Au chapitre des anecdotes, je raconterai aussi dans le livre comment débute son amitié avec François Chevalier, directeur du circuit Paul Ricard. Dans la liste des inscrits à une course sur le circuit, François remarque un gars qui court sur une Norton Manx. Nous sommes en 1970. La Manx, bien qu'elle soit très bien née, a bientôt 25 ans. Elle est techniquement dépassée face à l'arrivée des japonaises. C'est un peu Burt Munro qui arrive à la Speed Week avec son Indian pour ceux qui ont vu le film (Pour les autres, sautez sur votre trapanelle pour aller vous le faire prêter par un pote) et... l'effet pour François Chevalier est un peu le même que pour Jim Moffat découvrant Burt Munro sur le lac salé. Bon, sauf que la comparaison s'arrête là, Gérard est le meilleur pote de Michel Rougerie, vice-champion du monde moto dans quelques années et tout ce petit monde va bien s'entendre.



Je vais revenir sur l'estafette, j'ai encore un peu de rangement à faire. à très vite ;-)



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